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penser Plutarque, dans l’antique opinion qui donnait,conformément aux idées d’Anaximandre, l’Océan pourberceau commun à tout ce qui existe ? Mais de tellesdoctrines ne pouvaient guère s’étre popularisées dansla multitude, étrangère aux théories cosmogoniques.Comme toutes les superstitions de ce genre, celle-ciavait plutôt son origine dans des causes variées, leplus souvent locales, et se liait à des traditions dont levéritable sens avait été altéré par l’ignorance. —Certains poissons figuraient aussi dans les sacrificesaux dieux : tel le thon, que l’on immolait à Neptunepour en obtenir une heureuse traversée ou une pêcli.',fructueuse. Ils fournissaient aussi des présages ; il yavait même des augures (lyQvoy-xvrsfc) qui interro-geaient les entrailles des poissons, comme celles desoiseaux et des quadrupèdes. Pline raconte que, lorsde la guerre de Sicile, Auguste se promenant sur lerivage de la mer, vit un poisson s’élancer hors del’eau et tomber devant lui. Un devin consulté réponditque César verrait sous ses pieds ceux qui étaient alorsmaîtres de la mer, c’est-à-dire, Pompée. (Lib. îx.)
A une certaine époque de la république, un hommegrave n’eùt osé manger du poisson sans encourir lereproche de sensualité. Mais lorsqu’aux antiquescroyances, lorsqu’aux mœurs frugales des populations