Buch 
L' histoire et la philosophie dans leurs rapports avec la médecine / par le Docteur C. Saucerotte
Entstehung
Seite
444
JPEG-Download
 

— 444 —

sorte de breuvage composé de vin et de miel mêlés àdu fromage et à de la polenta. II avait quelque ana-logie avec le mélange bizarre nommé daudra (Au-soue), et où entraient, avec de l’eau, du bouillon, duvin, de l'huile, du miel, du sel, du poivre, et je nesais encore quelles herbes aromatiques; breuvagedigne assurément de figurer à côté d’un thé fameuxnaguère sur une de nos scènes comiques.

Voilà ce que j’ai trouvé de plus important à diresur les boissons usitées chez les anciens. Quelquespassages de Pline peuvent nous donner une idée desexcès que l’on commettait dans ce genre. 11 cite unpersonnage remplissant des charges élevées, qui dut'son surnom de triconge à la faculté qu’il avait deboire d’un seul trait trois conges, c’est-à-dire, 9 U ‘*72.Le fils de Cicéron en avalait deux. Bien des gens semontraient jaloux de ce genre de supériorité. Marc-Antoine écrit une apologie de l’ivrognerie, donnant àla fois le précepte et l’exemple. Tibère, grand admi-rateur de ces sortes d’exploits, auxquels il s’étaitassocié dans sa jeunesse, nomme un certain L. Pisonà la garde de Rome, pour avoir continué à boire sansinterruption pendant deux jours et deux nuits. Onimaginait toutes sortes de moyens pour exciter lasoif; on ne reculait même pas devant certains poisons,