ments ou dans la prélalurc, et les railleurs eux-mêmesfournissent l’argent. » C’était le temps où les collègesde médecine, fréquemment présidés par des prélats,comptaient parmi leurs membres honoraires les plusgrands noms de France ; où, malgré les préjugés decaste, si vivaces à cette époque, les Sénac, les La-peyronie, les Lamarlinière, lesPuzos, etc., recevaientdes titres de noblesse (1).
Quiconque connaît l’influence des institutions surles mœurs, ne s’étonnera pas qu’à une organisationaussi différente de celle qui nous régit aujourd’hui,aient correspondu des mœurs entièrement opposées.On pourrait presque recomposer la physionomie desmédecins de ce temps-là avec ce que nous savons durégime légal et disciplinaire auquel ils étaient soumis.De son antique alliance avec l’Église, la professionmédicale avait longtemps conservé une certaine aus-térité de mœurs. Si cette austérité n’çxistait plus aumême degré chez nos devanciers, elle avait du moinslaissé à sa place une gravité de manières qui, s’unis-sant à la sévérité de l'étiquette dans le costume, àl’usage de la langue latine dans les consultations et les
(1) Moins d’un siècle plus tard, un roi sorti d’une révolution faisaitproposer à l’un de nos plus honorables confrères, comme condition deson entrée à la chambre des pairs, de renoncer à l’exercice de son art !