06 PREMIÈRE PÉRIODE DE LA GUERRE CATHOLIQUE
séparées par la mer : tributaire de Pavie, elle se réduità un plagiat de l’unité longobarde, décoré des titres dudespotisme byzantin. La vraie Italie des Romains n’i-mite pas les Longobards; elle ne cherche pas les lau-riers de la politique, elle ne cherche pas même à com-battre; toujours désarmée, elle est tout entière dansla révolution et dans la fédération, dans les peuplesqui abhorrent la barbarie du royaume, dans lesvilles qui se cramponnent par un mouvement con-vulsif à leurs anciennes libertés, dans l’orgueil de laloi, dans l’ardeur de la foi qui repoussent l’arianisme dePavie. La vraie Italie est à Rome, où siègent les magis-trats, les juges et les prêtres qui ont renversé le royaumedes Goths; elle est à Naples où le duc se trouve en pré-sence des consuls (advocati) et de l’assemblée généralequi résistait à Bélisaire ; elle est en Sicile, où l’on nesonge pas même à la guerre contre Pavie pour tournerles défenseurs du peuple et du clergé contre la fiscalitédu préteur byzantin; elle est dans ces peuples quifuient devant la tyrannie du royaume pour construirede nouvelles villes, comme Amalfl dans le duché napo-litain. Partout la vraie Italie se lève libre et fédérale.Dans la Vénétie maritime, la liberté fédérale se montreà découvert ; nous avons vu que les douze îles véni-tiennes formaient une fédération ayant ses assembléesinsulaires et sa diète générale àHéraclée ; pour elles, leroyaume était le fléau de Dieu sous la triple formed’Attila, des Goths et des Longobards. Par la fédérationet par les tribuns de la Vénétie, on peut deviner lestribuns, les consuls, les ligues, les idées de toutes lesmalheureuses enclaves du royaume : de Comacina, l’îleimperceptible du lac de Como, le refuge des Milanais;de Gênes, l’asile du clergé de Milan; deMonselice, Man-