Band 
Tome premier.
Seite
67
JPEG-Download
 

CONTRE LES LONGOBARDS.

67

toue, Crémone, la Corse, tous ces points isolés et succes-sivement submergés par les flots du royaume, devaientse gouverner comme les îles vénitiennes.

Ce n’est pas l’exarque, ce ne sont pas les ducs quirégnent sur les régions de l’Italie romaine; les peuplesgroupés sous leurs consuls négligent la hiérarchie fac-tice de Ravenne pour suivre leurs évêques, vrais chefsde la guerre contre les ariens et premiers ennemis dela tyrannie longobarde. L’évêque est le demi-dieu dechaque ville; quand le patriarche d’Aquilée veut quit-ter Grado pour rentrer à Àquilée dans le royaume, lesVénitiens lui opposent sur-le-champ un nouveau pa-Iriarche qui se fixe à Grado. A leur tour les évêquesdélaissent les ducs et l’exarque pour suivre le grandévêque de Rome. N’est-il pas le chef de l’Église mena-cée? N’est-il pas le plus grand ennemi des ariens dePavie? C’est donc à lui de représenter la liberté et la fé-dération des Romains contre l’unité du royaume ; c’està lui de diriger la guerre romaine pour sauver l’Italie.Quelle est son action? Celle d’un chef fédéral. Oùcherche-t-il sa force? Dans les fédérations, dans lesalliances : Pélage II demande le premier l’amitié desFranks pour les entraîner à la guerre contre Pavie;le premier il voit dans la nouvelle guerre une œuvrede liberté et de religion ; afin de décider le roi frankau combat, il s’adresse à l’évêque d’Auxerre, luireprésente les Longobards comme une race immondehaïe de Dieu, et sa parole porte coup; Ryzance et lesFranks s’allient, l’empire donne de l’or, les Franksdonnent des soldats; et le pape, au centre de l’alliancedes Grecs et des Franks, devient la sentinelle avancée,le tribun de la civilisation italienne. Saint Grégoire nese lasse pas de prêcher la guerre , il en est l’orateur ;