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Tome premier.
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PREMIÈRE PÉRIODE DE LA GUERRE CATHOLIQUE

nommé pape il en devient l’âme. En France, on s’oublie;à Byzance, on se méprend sur les ressources des Lon-gobards , l’empereur s’aveugle dans l’insolence juri-dique de sa dignité; mais saint Grégoire ne se trompepas, il ne peut pas se tromper. Il correspond avec leclergé catholique du royaume, il connaît le clergé desFranks, il sait presser l’attaque, il sait s’arrêter à temps.Quand il voit Agilulf dégagé de l’inimitié des Franks,c’est lui, l’homme de la guerre, qui veut précipiter lapaix, prévoyant que si la paix n’est pas signée l’empe-reur sera humilié. Pour éviter l’humiliation de César,il est prêt à donner de l’argent. « Si Agilulf, écrit-il« à l’archevêque de Milan, ne peut s’entendre avec« l’exarque, qu’il traite avec moi ; je suis disposé« à payer, s’il veut accorder des conditions avau-« tageuses à l’empire romain. » Le chef de l’Églises’élève ici au-dessus du général byzantin ; pour lapremière fois il se montre ouvertement supérieur à lahiérarchie de Ravenne. L’empereur Maurice ne veutpas l’écouter; saint Grégoire insiste, lui montre lesdésastres de la guerre, lui parle des captifs venduspar Agilulf sur les marchés de France, et ne cesse dedéclarer que la paix est nécessaire. Le pape sent sonimportance nouvelle; il comprend qu’il est le chef dela fédération italienne et il ne manque pas de le dire.Le patriarche de Byzance, Jean le Jeûneur, prenait letitre d’évêque universel. Que dit saint Grégoire? « Il y« a cent sept ans, écrit-il à l’empereur, que les Ro-« mains sont sous les épées des Longobards et l’Église« romaine fait mille dépenses pour sauver les vaincus;a comme l’empereur a son trésorier à Ravenne, l’É-« glise a son trésorier à Rome pour l’entretien du« clergé, des monastères et pour la guerre contre les