CONTRE LES LONGOBARDS.
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« Longobards. » Comment voudrait-on ravaler Romeau second rang, elle qui s’élève? Le pape finit par êtreécouté comme chef de l’Italie romaine. En 592, l’exar-que Romano est renvoyé à la sollicitation du pape;vers la même époque , le prêteur de la Sicile, Liber-tinus, est destitué et fustigé, encore à la demande dupape, qui appuie les plaintes des Siciliens. Quand lesLongobards menacent la Sardaigne, c’est le pape quiconseille à l’évêque de Cagliari de se fortifier; quanden 599 l’exarque signe la paix avec Agilulf, le roi lon-gobard exige la signature du pape sur le traité. Lechef de Rome grandissait chaque jour. Qu’importaientles déroutes essuyées par les troupes byzantines? c’é-taient les déroutes de Ryzance et de l’exarque, et ellesdevenaient autant d’avantages pour la révolution enprogrès ; elles dissolvaient l’unité factice que l’exarqueimposait à la fédération romaine. Après les plus mal-heureux échecs essuyés devant les Longobards, noustrouvons l’insurrection de Naples soulevée par JeanCompsin contre Ravenne; celle de Maurice, archivistede Rome; nous voyons même les habitants de Ravenneinsurgés ; l’exarque Reinigio est assassiné ; Eleuterius,qui lui succède , se révolte à son tour contre l’empe-reur, et à son tour il est massacré par une nouvelleinsurrection de l’armée qui refuse de le suivre.
Ainsi la guerre entre les deux Italies donnait deuxrésultats, l’un politique, l’autre social : d’un côté elledéveloppait l’unité du royaume, de l’autre elle déve-loppait la liberté d’une fédération ; d’un côté elle éle-vait les rois de Pavie, de l’autre elle élevait les papes deRome : les deux Italies grandissaient en même temps.