CHAPITRE VI.
SECONDE PERIODE DE LA GUERRE DES ROMAINSCONTRE LES LONGOBARDS (615-712).
Influence réciproque de Rome et de Pavie.—Influence de Romesur Pavie : les historiens la dissimulent.— Le roi à moitiécatholique contre les grands.—Révolution catholique de Théo-dolinde et d’Adaloald. — Réaction arienne d ’Arioald. — DeRotkari .— Aribert continue la révolution en fondant les deuxroyaumes de Pavie et de Milan. — Lutte de Grimoaldj arien,contre Pertrarrith, catholique.— Les deux rois triomphenttour à tour. — Nouvelles luttes.— Le catholicisme victorieuxpar Luitprand,— et c’est là un malheur. — Influence de Paviesur Rome : elle décide l’insurrection politique contre Byzanceà Rome,—à Ravenne,—à Naples,—en Sicile,—dans la Vénétiemaritime.
La période qui vient de s’écouler détermine unenouvelle phase dans l’histoire des deux Italies. Il y alà deux positions agissant en sens inverse, l’une sousl’impulsion fédérale d’une révolution, l’autre sousl’impulsion unitaire du royaume. Les deux camps con-naissent mieux l’ennemi. À Rome, il est acquis quel’Italie romaine ne saurait plus se mesurer avec Pavieles armes à la main ; à Pavie, il est acquis qu’il y ades forces indomptables dans ces fragments de terreéchappés à la domination longobarde. Les haines sub-sistent, l’inimitié continue, il faut que Rome abatte Pa-vie ou que Pavie subjugue Rome, et on profite de l’ex-périence du passé pour recommencer le combat sousune nouvelle forme, plus indigène et plus décisive.