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Tome premier.
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CONTRE LES LONGOBARDS. 83

Milan. Après l’usurpation de Grimoald, il ne resteplus d’espoir à Pertarrith ; deux fois vaincu, en fuitechez les Huns, l’ex-roi de Milan, se livre lui-même àGrimoald, qui lui permet de vivre à Pavie. Le roi etl’ex-roi croient que la révolution est finie.—Ils se trom-pent tous deux. Le catholicisme représente la justice, lacivilisation, l’alliance naturelle de Rome marchant avecles peuples des grandes villes romaines du royaume;il ne peut pas reculer. L’arianisme, qui représente à sontour la force, l’unité, le réseau des villes militaires, nesaurait non plus s’effacer : sans lui le royaume estperdu. Quelle que soit la volonté des chefs des deuxpartis se trouvant en présence, l’un désarmé, progressifjuste et impuissant, l’autre, armé, attardé, inique etpuissant, la justice sans force et la force sans justicedoivent alterner les victoires par des surprises, lesunes populaires, les autres militaires. Grimoald, quise croit affermi à Pavie, voit la foule catholiqueaffluer chez l’ex-roi ; il comprend dès lors qu’il nepeut plus l’épargner. Il faut qu’il le tue comme il a tuéChildebert; une nuit, il envoie ses soldats pour exé-cuter l’ordre fatal. Mais il y a des Romains partout;l’ordre est trahi. Pertarrith s’enfuit chez les Franks,ainsi jeté dans l’alliance du pape et de l’empereur,inaugurée jadis par Théodolinde. Il est faible, absent,lointain, et son nom plane sur le royaume commeun arrêt de mort contre Grimoald. Le roi bat les ca-tholiques sur tous les points, dégage Bénévent desattaques impériales, repousse les Franks, réprime lasédition catholique à l’intérieur, rase Justianopolis,Opiterga , et punit les ducs qui s’étaient révoltés der-rière lui. Le royaume l’adopte ; la fatalité lui donnedes victoires. Malgré tout, la révolution continue : le