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Tome premier.
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8-i SECONDE PÉRIODE DE LA GUERRE DES ROMAINS

duc de Frioul se révolte, et Grimoald n’ose pas marcheravec ses troupes contre le rebelle, de crainte qu’ellesne se débandent pour rejoindre l’insurrection, il enest réduit à invoquer l’invasion étrangère des Avarescontre les catholiques du Frioul. «Afin de ne pas exciter« la guerre civile, dit Paul Diacre, Grimoald pria Ca-« cano, roi des Avares, d’attaquer avec son armée Lupo,« duc de Cividal, et de le subjuguer. » Nouvel em-barras : les Avares, après avoir pris Cividal, déclarentqu’ils ne quitteront pas la ville : pour les renvoyer,Grimoald doit recourir à un artifice de comédie; ilordonne une revue de ses troupes à Pavie, fait changerplusieurs fois l’uniforme à ses soldats, et étale ainsidevant les ambassadeurs des Avares une innombrablearmée de comparses; les Barbares intimidés s’em-pressent d’évacuer le Frioul. Doit-on croire à ce récit?Ne serait-il pas un discours du roi, traduit et défigurépar un conte populaire? Le roi n’aurait-il pas dit auxambassadeurs : « Maintenantla sédition estvaincue, mesariens sont fidèles, mes catholiques vous abhorrent,nous sommes tous unis, prétendez-vous combattre leroyaume des Longobards?» Ce récit vrai ou faux, peintGrimoald , malicieux, habile, jouant aux surprises,méchant et bienfaisant, comme le démon du royaume.Enfin, il est atteint par le poison des catholiques, etaussitôt la révolution déborde toute seule, romainepopulaire, expansive, joyeuse, proclamée par les ccntvoix de la renommée qui l’annoncent partout. Per-tarrith, qui était en France, sur le point de s’em-barquer pour l’Angleterre, s’étonne lui-même dela rapidité avec laquelle la nouvelle le rappelé enItalie : l’histoire se transforme en une légende pouraffirmer qu’une voix mystérieuse lui annonça la mort