CONIUË LES I.ONGOBAlUiS.
du tyran, à l’instant même où le tyran mourait; le ca-tholicisme triomphait entre le poison et les miracles.Pertarrith remplaçait le roi arien sans secousse, sanscombat. Saint Barbat coupait la noix de Bénévent ; legrand arbre tombait et la féerie de l’arianisme rie pou-vait plus créer un roi qui égalât la malice de Grimoald.
Mais l’unité royale n’est plus ni forte, ni compacte,ni longobarde ; le catholicisme se trouve faible et dé-sarmé comme les villes romaines; le réseau des villesmilitaires reste entre les mains de l’aristocratie attardéedes ariens, qui peut, en le renouant, ménager de nouvelles surprises au catholicisme romain ; de là de nou-velles victoires qui s’alternent, les unes militaires, lesautres populaires ; de là l’ondulation qui continue par descoups de scène, par des évolutions imprévues, par desvicissitudes rapides où la force et la justice se disputentla terre du royaume. Pertarrith est assailli par Alacliis,duc de Trente, un ennemi de la Bavière, la terre dedévots; réprimé, gracié, nommé duc de Brescia, ils’insurge de nouveau contre Cunibert, fils de Per-tarrith, et entraîne avec lui le vieux parti longobard ;le réseau militaire se releve ; l’insurection unitairetriomphe complètement, et Cunibert se sauve dans lapetite île de Comacine, ce point imperceptible du lac deCôine,où les Milanais se réfugiaient pendant vingtans à l’époque de la descente d’Alboïn. Tout le particatholique est dans la désolation; « il y eut, dit Paul« Diacre, une grande tribulation parmi tous ceux« qui aimaient Cunibert et spécialement parmi les« prêtres et les clercs, qui étaient détestés du roi« Alachis. — Alors, ajoute-t-il encore, les clercs et les« prêtres saisis de terreur et de haine contre le tyran,« pensèrent qu’ils ne pourraient pas supporter tant de