CONTRE LES LONUOBARDS.
87
partie des traditions romaines ; mais la conversion n’enfut pas moins la grande défaite politique du royaume ;elle releva les vaincus, fortifia les évêques catholiques,ôta au royaume le palladium de l'arianisme et l’ouvritaux anathèmes de Rome, qui put désormais troubler laraison et paralyser le bras du roi.
L’Italie romaine, avons-nous dit, se développe ensens, inverse, passant de la révolution sociale à unerévolution politique, et s’insurgeant contre Byzancepour imiter dans ses circonscriptions l’indépendancedu royaume. Les Romains protestent contre le gou-vernement décrépit de l’exarque ; Rome abhorre lesGrecs qui n’y paraissent plus qu’en voleurs; en 639, onvoit l’exarque dérober le trésor de la basilique de Saint-Latran; quatre ans plus tard il arrive pour décapiterl’archiviste Maurice insurgé contre Byzance, et en 663l’empereur Constant vient en personne enlever tous lesbronzes de Rome. L’insurrection s’organise calme etimplacable sur le terrain de l’Église; dès le commence-ment du vn e siècle les élections des papes sont longues,pénibles, disputées au parti grec qui doit reculer ; Boni-face IV n’est élu qu’après une vacance de dix mois, Bo-niface V qu’après un an de vacance ; bientôt l’Égliseromaine repousse les doctrines du monothéisme byzan-tin, et combat pour garder son autocéplialie, son Dieuincarné, son eucharistie miraculeuse, la double naturedivine et humaine de son pape qui veut être, comme leroi des Longobards, indépendant de l’empereur. Lepape Théodore condamne dans un concile le type deConstant Auguste en faveur des monothélites; son suc-cesseur, saint Martin , convoque un concile de Latrande cent cinq évêques, où il condamne de nouveau les