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Tome premier.
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LA CATASTROPHE

dait au nom de l’empereur ; il allait en France revendi-quer l’Exarchat contre l’invasion royale, et il retournaitci Rome pour spolier l’empire avec l’aide de Pépin. Etquel était en définitive le libérateur de l’Église, le hérosde la religion? C’était Charlemagne, le mari de neuffemmes, l’amant de ses propres filles, le fiancé d’Irènede Byzance, mère parricide qui assassinait son fils;c’était le massacreur des Saxons, qui faisait décapiteren un jour 4,500 prisonniers, et imposait sous peine demort le baptême et l’abstinence. Les plus mauvais roisde Pavie sont auprès de lui des philosophes et des saints.On parle de ses lumières et de son amour pour lascience ; de grâce, regardez à sa philosophie qui secompose de logogriphes et le caparaçonne de reliques;il ne combat qu’avec la chape de saint Martin sur le dos;c’est le législateur des ordalies, le fanatique du ferchaud, le politique qui vide les différends entre lesroyaumes avec l’épreuve de la croix , et qui fait tomberla superstition du moyen âge au-dessous de l'idolâtriepayenne.

Voilà ce qu’on a dit, et, malgré tout, l’apologie deLongobards ne se soutient que dans la circonscriptiondu royaume et dans les limites de la politique; horsde là , elle n’entame et n’effleure pas la révolution quis’avance. L’Italie romaine n’a jamais voulu êtrelongo-barde, jamais elle n’est allée au-devant de la conquête;Rome et Ravenne frémissaient à l’idée de tomber sousle joug du roi. Rome avait droit à l’indépendance autantque Pavie; elle avait droit à la paix et à la guerreautant que le roi ; elle avait droit à toutes les alliances,à l’intervention des Franks, à la destruction des Longo-bards, à l’extermination du royaume fondé par l’inva-sion. De quoi accuserons-nous donc les Romains? De ne