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Tome premier.
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DU ROYAUME.

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pas s’être laissé spolier et dévaster par Alboïn ? De n’a-voir pas sollicité le joug d’une conquête, et sacrifié lesderniers restes de la civilisation aux barbares de la Pan-nonie? Les accuserons-nous d’avoir été assez forts pourciviliser l’ennemi, pour l’affaiblir au profit des Romainsdu royaume? Seraient-ils coupables d’avoir entraînéles Longobards eux-mêmes, les uns à se révolter contrePavie, les autres à s’unir avec Rome, et tous à fraterniseravec la révolution? non. Toutes les forces de la religionet de la vie poussaient les Romains à la guerre contreles Longobards, à l’alliance avec les Franks, à la libertédes républiques. Ils étaient libres, à l'état de nature,comme tous les peuples qui combattent, comme tousles êtres vivants, armés de moyens variés, opposés, im-prévus. La victoire est toujours au plus fort; tous lesmoyens sont bons pour sauver sa liberté et sa vie ;et tandis que le roi combattait par l’épée, reproche-rons-nous aux Romains d’avoir combattu par la plussainte de toutes les armes, celle de la civilisation?Tant pis pour les Longobards s’ils allaient s’asseoir surun terrain miné, s’ils se plaçaient à Pavie , en face deRome, sous la colère de Milan, s’ils jouaient avec le feuà demi éteint des volcans, s’ils se civilisaient, s’ils vou-laient vivre cent ans en un jour, s’ils créaient Théo-dolinde au lieu de Brunehaut; la vie des Romains de-vait dévorer le royaume.

Dites, si vous voulez, que les Romains étaient cor-rompus, familiarisés avec le crime, sans courage,sans loyauté; ajoutez, s’il vous plaît, qu’ils étaient mo-biles et multipliaient les révolutions; prenez à lalettre le récit des chroniqueurs; considérez la tragé-die de Tiguresi et des Pusterlani comme une infamiegratuite; oubliez qu’elle arrive en 696, à l’instant