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LA CATASTROPHE
même où Venise veut se donner un doge, aux premiersmoments des insurrections politiques contre la domi-nation byzantine. Le seul tort des Romains est celuide tous les peuples en révolution, de toutes lesnations en progrès; on n’avance que par la mobilité,on ne triomphe que par la guerre civile, on ne s’élèvequ’en violant la loi. On ne pouvait exiger des Romainsque d’être les plus forts par les principes : ils n’étaienttenus cju’à la loyauté dans l'idée sociale qui les guidait;et devant celte idée, toutes les accusations sont vaines,accidentelles, et s’évanouissent comme des déclama-tions insensées. Ce sont des vocifératious de royalistesdépités, d’hommes pour qui les révolutions inatten-dues, incomprises, se traduisent en détails vulgaires,en ces querelles de cours où l’on confond à desseinle bien et le mal, l’ami et l’ennemi, l’insurrectionet le crime, le nivellement et le pillage, la corrup-tion du gouvernement et la révolution qui la combat.Il s’agit bien des exarques, des préteurs corrompus,ou des doges suspects; on les oppose au roi, puis onles brise, et alors qui défend les exarques? Qui sou-tient l’infamie du gouvernement byzantin? quel estl’ami des préteurs corrompus, des doges suspects?C’est le libérateur de Pavie, c’est le roi des Longobards,c’est l’homme de la conquête à l’amiable. Il faut lerespecter, l’adorer quand il est l’allié de l’ennemi; lesRomains, au contraire, il faut les accuser, quand ilsinvoquent les Franks, quand ils défendent la répu-blique, quand ils restent avec leurs anciens alliés,quand ils étouffent Pavie au nom de la liberté et de lacivilisation. N’est-il pas scandaleux qu’ils résistent,qu’ils s’arment, qu’ils contractent des alliances, qu’ilss’allient avec la France, qu’ils ne restent pas seuls dés-