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Tome premier.
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LE PACTE DE CHARLEMAGNE

cien de Rome et de Ravenne, les deux capitales del’Italie romaine, pour qu’il se trouve libre et associéà la grande domination de l’Occident.

Tout est solennel, tout est décisif dans ce pacte deCharlemagne avec l’Eglise : on l’appelle foediis, factum.Préparé depuis des siècles, on le voit déjà conçusous Adrien I er ; Charlemagne en parle à Léon III :

« Sicut enim, lui dit-il en 795, cum beatissimo præ-« decessore vestro sanctæ paternitatis pactum inii sic« cum beatitudine vestra ejusdem fldei et charitatis« foedus statuere desidero.» L’empereur Louis le Pieux,en 823, se sert des mêmes mots; il renouvelle la dona-tion en disant : « Statuo et concedo per hoc pactum« eonfîrmationis nostræ tibi beato Petro principi apos-« tolorum. » Et un siècle plus tard, en 898, Jean X etl’empereur Lambert emploient la même expressionen s’alliant « ut pactum quod juxta præcedenlem con-« suetudinem factum est, nunc reintegretur et in-« tactum reservetur. » Un siècle plus tard les mêmestermes reviennent encore chez Benoît de Saint-André,en parlant de l’alliance de Léon III avec Charlemagne :

« Profectus est Romam , dit-il, dedilque ibi donaria« multa fecitque pactum cum Romanis eorumque pon- 1« tifice. » Le même chroniqueur conserve la formuleen parlant de Charles le Chauve : « Quiveniens Ro-« mam renovavit pactum cum Romanis. » Henry II,en 1014, renouvelle la ligue de ses prédécesseurs avecla phrase consacrée : « Spondeo atque promitto per« hoc pactum eonfîrmationis. » La chronique de Vol-turne déclare que l’empereur Louis II expédia au papePascal le « pactum eonstitutionis et eonfîrmationis. »

Le caractère du pacte de l’Église avec l’empire estd’être implicite, silencieux, comme la cérémonie sym- J