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Tome premier.
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DANS TOUTES LES NATIONS DE l’eUROI’E.

sainteté du moine. Après les moines de toutes lesnuances arrivent les reclus • ils se scellent dans descellules très-étroites; ils y restent toujours; on déter-mine leur vie, leurs actes; ils communiquent avecl’Église par une fenêtre; la fenêtre a deux rideauxl’un pour qu’on ne puisse voir le reclus, l’autre pourqu’il ne puisse voir : il y a tout un cérémonial pourqu’il se trouve en même temps en rapport et sansrapport avec le reste des vivants. Quelques hommessurpassent même les reclus ; ils se perfectionnent avecdes tortures plus exquises, et l’Église n’ose plus donnerde règles; elle s’arrête , elle admire, libre à tout lemonde de vivre de glands, comme saint Paul de Lacre.

Les gros miracles coulent à grands flots. Léon III ditque les conspirateurs lui ont arraché les yeux et lalangue; cependant il a ses yeux, il ne parle que trop.Eh bien ! c’est là le miracle : les yeux ont repoussé, lalangue s’est reproduite. Les hasards de la vie, les rêves,les hallucinations deviennent des preuves surnaturellesde la divinité du pape, des évêques, des abbés, desmoines et des reclus. L’absence même de miracles setransforme en miracle. Ainsi le tombeau de saint Paulde Lacre ne fait pas de prodiges depuis des siècles : est-ce possible 1 ? Oui, et c’est encore ce qu’il faut admirer :le saint ne manqua pas aux premiers jours de fairemille prodiges; mais il en fut vertement tancé. «Est-celà, lui dit-on, votre aversion pour la gloire humaine?Est-ce là votre amour pour la solitude? Si vous con-tinuez, ce lieu sera bientôt rempli d’hommes, defemmes et d’enfants. » Depuis ce moment, le saintse tient coi ; il ne fait plus de miracles : son immobilitéest un prodige continuel. Dans les grands diocèses oncontinue l’ancien usage qui sanctifie tout évêque dé-