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Tome premier.
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LA II EVOLUTION ItOMAINE

cédé : à Milan, à Trêves, à Cantorbéry, tous les évêquessont des saints, et l’évêque vivant ne s’en porte quemieux. On mène le monde par les fables, on mèneCharlemagne par la chappe de saint Martin.

De même que la révolution romaine se soustrait auxexarques et à la cour de Byzance, la théologie catho-lique se soustrait à la théologie byzantine ; elle re-pousse pour toujours cet arianisme impérial qui s’em-parait de l’Évangile et de la Bible pour subordonner leprêtre à l’intelligence profane de l’empereur, et c’esten opposition avec Pholius que Home revendique défi-nitivement sa suprématie sur Byzance, en se déclarantle centre de la religion universelle. En apparence ondéchoit, les derniers éclairs de la philosophie anciennes’éteignent dans les ténèbres, la tradition de la scienceexpire au milieu de l’idolâtrie catholique ; mais l’Églisese sépare de l’empire, les deux pouvoirs se posent endehors l’un de l’autre, la religion se trouve seule libreet indépendante. Pourquoi les empereurs grecs ditRatram se mêlent-ils d’enseigner l’Eglise? Charle-magne n’enseigne rien, il reçoit le sacre de secondemain; ses successeurs sont des hommes sans pensée;la théologie se réfugie tout entière chez les évêques,les chanoines, les moines et les reclus. Il en résulteque l’on comprend pour la première fois la divinité dela pensée détachée de toute force profane, supérieure àtout commandement et à loutes les vicissitudes desempires; le prêtre se développe avec la véritable divi-nité; il n’est plus ni un sujet de l’empereur ni unsimple mortel; il inaugure cette élévation religieuse del’Occident qui, à travers le cours des siècles, deviendral'héroïsme naturel du protestant, du tribun, du philo-sophe, de tout homme qui pense dans la sincérité de