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grandit par l’Église , il n’est pas le doge politique queles Romains avaient voulu créer à l’imitation de Napleset de la Vénétie; il n’est pas non plus le chef de l’in-surrection politique contre l’empereur d’Orient ; il estle chef delà révolution sociale et religieuse. Son prin-cipe exige que Rome soit obéissante, immobile, rienpar elle-même, toute à la révolution qui se propage enEurope par les rois et par les empereurs d’Oecident.Le démiurge de l’Europe écrase les Romains de toutle poids de sa théocratie ; désarmé par lui-même, ilplace Rome sous la haute domination du royaume etla capitale de l’ancien monde se trouve ainsi sous l’épéedu duc de Spoleti, qui représente l’empereur, dirige lesarmées, perçoit les tributs, confisque les biens des con-damnés, livre leurs maisons à ses soldats. Rome n’estplus qu’un duché frank, une accession du royaumequil’absorbe *. Elle regrette la liberté politique de l’èrebyzantine, les Exarques impuissants, les Spataires sansautorité, le gouvernement nul et lointain de l’Orient.Sous les Exarques, l’insurrection était souveraine, l’in-dépendance romaine respectée, et si les Longobardsenvahissaient le duché, ils ne se disaient pas des libéra-teurs , et ne régnaient pas à Rome comme les Franks.C’en est donc fait des derniers restes de l’indépen-dance républicaine, et la république liait le pape qu’elleaccuse d’être l’ami de l’étranger. La révolution de 799,qui avait failli tuer Léon III, se renouvelle en 815; et,par ordre de l’empereur, le roi d’Italie l’éfouffe dans lesang. Quelques mois plus tard, la rébellion éclate denouveau, en massacrant tous les amis de l’empereur et
1 V. De impcralorUi poteslale in urbe Jtumn.j pars 2, vol. 111.