LA DOMINATION
J 50
exil avec nous. Vous êtes plus impies qu'Aistulfe, Ratcliiset Didier.
— Calmez-vous, revenez, soyez les fils de la Vénétie.Ne sommes-nous pas vos frères 1 ? Que voulez-vous faiteà l’étranger?
— Nous rentrerons chez nous avec le vengeur del’Église. Il a écrasé les Longobards de Pavie, il écraseravotre doge et les siens. La Vénétie est profanée, le peu-ple est écrasé : nous appelerons Charlemagne.
— Et la république sera perdue, vous tomberezsous le joug du pape, du roi et de la vile multitude; ettous les ans, vous aurez la guerre civile et l’interventiondes Franks. Quoi! confondez-vous un doge avec la ré-publique? Voulez-vous détruire la patrie parce qu’unhomme a failli? Voulez-vous nous soumettre aux exac-tions des Franks, aux commissaires des barbares? Vou-lez-vous attirer sur nos îles tous les fléaux des révolu-tions italiennes?
— Nous voulons que la religion du peuple soit res-pectée.
— Nous sommes tous catholiques et romains.
— Nous voulons que le doge criminel soit détrôné.
— Nous en ferons un autre avec vous.
— 11 nous faut des garanties.
— Prenez-les.
— Il faut que l’un des nôtres soit doge.
— Qui?
— Obelerio, le tribun de Malamocco.
— Soit, revenez, et tournez le dos à Charlemagne etaux Franks, que Dieu confonde pour le salut de nosîles. La patrie avant tout. »
La chronique donne la conclusion de ce dialogue :« Donc, dit-elle, le patriarche Fortunat alla en France;