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Tome premier.
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LES EMPEREURS ITALIENS.

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On demandera s'il est possible de trouver la supré-matie italienne au x e siècle au milieu des invasionshongroises et normandes qui bouleversent l’Europe.L’Italie n’était-elle pas oubliée? Où était désormais sarévolution ? Il faut résister au malheureux penchantqui méconnaît le progrès là où il ne se présente pasavec un cortège de rois et de conquêtes : on cherchede grands exploits en oubliant les idées, et on tombesans cesse dans le roman, faute de suivre les principesles plus simples de l’histoire. Il ne s’agit pas de considé-rations métaphysiques ou abstraites sur l’influence ita-lienne, il suffit de rester dans les lois souveraines del’époque. L’Europe est catholique et romaine; sonchef spirituel réside à Rome; son chef temporel estempereur d’Occident; cet empereur doit être cou-ronné par le pontife romain ; en un mot le pacte deCharlemagne existe toujours : voilà l’influence italienneacceptée comme un principe devant lequel les inva-sions, les combats et les batailles ne sont plus que desévénements éphémères. Quant à la révolution italienne,elle est dans le pape, dans l’anéantissement du royaumefédéralisé par les Marches, dans ce vide laissé à jamaispar la disparition de Didier, qui emportait avec lui leprincipe suprême de l’unité et de la centralisation féo-dale. Qu’on regarde maintenant les nouveaux chefs quis’efforcent d’arriver au trône, on les verra, sous le coupde l’Église, frappés par l’insurrection des Marches : vusde haut, ils ne sont que des chefs opposants, et tousleurs efforts échouent devant l’Église et la révolution.Les marquis ont beau cacher leurs dissidences etse prétendre unanimes contre la révolution, ils sontdéjà gagnés par la liberté qu’ils représentent sans lesavoir; ils veillent malgré eux sur les Marches, ces