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Tome premier.
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185
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ITALIENS.

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l’Eglise, au rebours du vieux plan de Jean VIII, désertelesFranks pour les Allemands. Le véritable empereur,est désormais'Arnoiphe, roi d’Allemagne; il a remportéune victoire sur les Normands, c’est là une victoire dela grande république d’Occident; Arnolphe est le pluslibre, le plus grand, le plus fédéral des rois, c’est doncà lui, dit Formose, « de délivrer l’Eglise des mauvaistyrans, des mauvais chrétiêns et spécialement de Gui. »Cet appel à Arnolphe réveille et groupe tous les ennemisdu roi italien; les marquis, les ducs s’agitent dansles Marches préférant la liberté par l’étranger à la con-quête intérieure de Spoleti ; Béranger se lève, et solli-cite Arnolphe à une descente, espérant régner en vassalde la fédération allemande du consentement du pon-tife. Tout était en question ; en prenant le titre d’em-pereur, Gui avait jeté le défi à l’Europe, et le papeétalait le défi pour écraser le roi.

Arnolphe qui descend en Italie, tombe dans uneprofonde méprise; attardé dans la légalité de l’Alle-magne, il veut comme les derniers Carlovingiens ré-gner sur le royaume tout d’une pièce, calme, impas-sible , immobile dans l’armure de ses lois. Ce n’est pasl’empereur de la révolution qui arrive, c’est un dévasta-teur. Qui résiste est tué : legouverneur de Bergame estpendu aux portes de la ville avec les insignes de sa di-gnité, l’Italie est envahie. Dès lors on revire contreArnolphe comme on avait fait contre l’invasion deVérone et de Spoleti. Arnolphe se trouve ainsi enveloppépar la révolution, délaissé par les Marches, dans l’im-possibilité de saisir cette ombre décevante du royaume;les Italiens se dérobent à son joug sans qu’il sachecomment, tout cède dès qu’il se présente sans qu’ilpuisse rien prendre. Il demande à voir en face les