186
LES EMPEREURS
rebelles, à combattre les ennemis, et il n’y a pasde rebelles ni d’ennemis; il s’avance par la force del’épée et il est paralysé par la force de la conspirationitalienne : elle est dans le sol, dans l'air, partout. Lemarquis de Toscane est très-soumis, mais très-puissant;Béranger est très-humble, mais toutes les conspirationsaboutissent à lui. Gui meurt, mais son fils Lambert luisuccède; Ageltrude, la veuve de l’empereur italien,occupe Rome et emprisonne le pape , qui a provoquéla descente royale. Arnolphe prend Rome, délivreFormose, le venge par un massacre, tout cède à saforce, le voilà couronné empereur. Nouvelle dé-ception ; l’empereur d’Allemagne voit reparaître l’anti-pape Serge , rappelé par l’aristocratie romaine. Sonpape est accusé d’être un faux pape, son sacre est unfaux sacre, son titre un faux titre, il est donné par unhomme qui n’est pas pape ou par un pape qui a déjàreconnu un autre empereur. Arnolphe ne peut s’arra-cher aux milles pièges de l’Italie, le hasard même con-spire contre lui : il tombe malade, c’est, dit-on, lacolère de Dieu qui le frappe; et quand il se retire enBavière sa domination s’évanouit comme un rêve.
Qui va régner ? L’ennemi d’Arnolphe, l’empereur deSpoleti. Lambert relève le royaume; au nord il reprendMilan, Pavie, la Lombardie, au sud il s’étend jusqu’àBénévent. A Rome il s’allie avec l’aristocratie, et sou-tient l’antipape Serge; Formose se trouve seul, exécrédes nobles, peut-être du peuple, et meurt de chagrin.A merveille, mais Lambert n’est encore que le chef del’opposition royale, l’allié de l’opposition romaine etd’un autre côté l’Eglise, sans se laisser arrêter par lamort de Formose, se sert du nouveau pape Etienne VI,pour confirmer l’empire à Arnolphe et à l’Allemagne.