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Tome premier.
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LES EMPEREURS

par la force des armes ou par celle de la liberté; s’ilétait pris par un prince faible et entraîné à la tyrannie,,il élait une provocation à l’Europe, une cause de dé-faite; si l’Eglise l’invoquait, et l’interprétait, elle enécrasait le royaume. Quelle que fût la pensée person-nelle de Lambert et de Jean IX en signant le pacte , lesuccesseur des rois longobards laissait mutiler leroyaume parla donation de Pépin, il se laissait arrêterpar Rome et restait à la merci du pape, sous les foudresdissimulées de l’Eglise.

Dix ans s’étaient à peine écoulés depuis la mort deCharles le Gros, que l’Italie comptait déjàquatre change-ments : le règne de Béranger, celui de Gui, la domina-tion d’Arnolphe et le triomphe de Lambert. Tout àcoup ce triomphe s’évanouit; le roi est assassiné dansles bois du Tessin , et c’est la révolution qui le frappe.D’où vient le coup? De Milan ; le régicide est le fils ducomte de la ville, exécuté par ordie de Lambert. Quelavait été le crime du comte? Celui de fédération. Par-tisan de Béranger, le comte avait trempé dans la liguepontificale contre l’imité longobarde, renouvelée parSpoleti, et son fils, en le vengeant, interprétait la villeromaine qui donnait au royaume la grande secoussedelà conversion. Le coup portait : la révolution éclataitsur-le-champ; tous les flots delà haine soulevée parLambert livraient. l'Italie à Béranger, son rival. Toutcédait, même Spoleti, même la mère de Lambert, Agel-trude , qui avait emprisonné Formose et résisté àArnolphe.

Mais Béranger reste faible comme son prédécesseur;il n’est que le roi de la haine contre Spoleti ; les ducs, lesmarquis ne se donnent à lui que pour s’affranchir, et,l’année même du régicide, on conspire pour lui oppo-