■196
LES EMPEREURS
—Quant aux prétendante, dès que l’insurrection s’apai-sait à l’intérieur, ils cessaient de paraître ; n’étantappelés ni par les peuples ni parles marquis, ils nepouvaient s’avancer dans le royaume. Vaincu en Italie,l’empire d’Occident sans direction, sommeillait dans lesesprits et permettait au roi de régner. Hugo renouvelal’alliance de Béranger avec l’empire d’Orient, et lesÉtats byzantins du midi, et continua de se fortifier ensoudoyant l’invasion des Hongroisqui furent son armée,sa défense, sa menace contre ses voisins ; d’un geste ilpouvait déchaîner ces barbares avec l’enthousiasme dupillage sur les terres de ses ennemis.—Il restait à compteravec la papauté. Elle souriait au nouveau roi; quand ilarrivait à Pise, il y trouvait les ambassadeurs de Jean Xqui l’engagaient à régner : par lui-même, Jean X, étaitl’élu deThéodora, le successeur de Serge, l’allié natureldu royaume d’Italie; Hugo était presque un Frank, ilpromettait un siècle d’or à l’Eglise et il était le bienvenu.Son premier pas était heureux. Bien plus, Rome était auparti national, devenu plus puissant que le pape lui-même : si Théodora n’était plus, sa famille régnait ;faute d’amour, le pape pouvait être contenu par laforce et Marozia occupait le château Saint-Ange. Unmariage scella l’alliance entre la politique de Romeet celle du royaume. Marozia donna sa main à Gui, ducde Toscane , frère de Hugo. C’était un nouveau succès;le pontife se trouvait réduit à l’impuissance. Jean X estfroissé, le prêtre se réveille dans l’homme, et ce n’estque pour s’adresser à Hugo, et s’en faire une armecontre Marozia. Peut-être par une erreur de pape consi-dère-t-il Hugo comme un étranger , comme un Frank,qui pourrait lui rendre la domination de Rome; peut-être Hugo, par une erreur de roi, conspire-t-il avec le