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LES EMPEREURS
l’empire. Pendant la crise de l’empire, on subissaitBéranger II comme on avait subi Gui, Lambert, Bé-ranger I er et Hugo; en attendant, la révolution et lafédération se développaient en Italie et en Alle-magne, et, avec Othon I er , les deux régions se réunis-saient, en renouvelant le pacte de Charlemagne avecLéon III.
La crise s’acheva par un mouvement qui rétablitBorne sur sa base. Albéric, fils de Marozia, avait tou-jours régné sur la papauté ; en chef de l’aristocratie, ilimposait au pape Agapite II de refuser la couronne impé-riale à Othon I er : le patricien de Borne luttait contre leroyaume, dont il réveillait les divisions et la liberté sanscompromettre le duché; le catholicisme bouleversaitla grande Lombardie, et il se trouvait presque exilé dela capitale du monde, redevenue profane. A la mortd’Albéric, son fîlsOctavien lui succéda dans lepatriciat.Il avait dix-neuf ans : sa famille, sa jeunesse elle-même,lui imposaient de régner sur la religion. Il fit plus, ilvoulut la confisquer à son profit, en prenant la tiaresous le nom de Jean XII. Il va sans dire que la messe etle bréviaire l’occupaient fort peu; pour ordonner lesdiacres, tous les lieux lui servaient également, mêmel'écurie; son palais était le rendez-vous des femmesgalantes. Chasseur intrépide, bon soldat, il buvaitferme, jouait au ballon, et malheur aux cardinaux quivoulaient l’admonester! Sa religion était celle de Vénussous l’égide de Bacchus. Voilà un pape indépendant,impie, un vrai joyau, comme les doges-évêques deNaples et de Capoue. Mais il est pape, et la religionle fascine; Dieu prend le masque de Satan pour leséduireetfairebrillerdevantluirExarchat,laPentapole.la donation de Charlemagne. 'Le patricien de Rome ne