DES ROIS ITALIENS.
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prand, dit qu’Hermengarde d’Ivrée propageait la con-spiration en se livrant à tout le monde 1 . Que faisait leprétendant une fois couronné? L’unité, l’indépendance,il devait dire : Avant tout le royaume, ensuite la liberté;avant tout l’indépendance, ensuite les franchises et larépublique; avant tout le salut de la patrie, ensuitetoutes les concessions possibles; et il s’avançait ainsiavec ses espions, avec les Hongrois, avec les Sarrasins,avec les Allemands d’Arnolphe, avec les Provençauxde Hugo, à la conquête de toutes les marches. La con-spiration, recommençant de nouveau contre le roi quila trahissait, était trahie de nouveau : le royaume étaitla formule générale de toutes les trahisons italiennes.La révolution étrangère à la corruption des chefs estplutôt dans les marches que dans les marquis, plutôtdans les villes romaines que dans les marches, plutôtà Milan qu’à Ivrée, à Vérone ou à Spoleti; elle sedérobe sans cesse à la tromperie de l’unité et se déve-loppe avec la fédération, avec le droit inauguré parCharlemagne, et avec le drapeau de l’Eglise, qu’elleveut croiser avec le drapeau de l’empire. « Les Italiens« dit Luitprand, veulent toujours deux maîtres, un roi« et un prétendant, pour supplanter l’un par l’autre.»Telle était la peuséedes conspirateurs. Mais la révolutionretourna la tromperie contre les chefs, les marquis etles conspirateurs, pour ahoulir aux deux plus grandsmaîtres, le pontife désarmé dans sa donation, et l’em-pereur absent dans le royaume, et tous deux libres,fédéraux, et tournés à jamais contre la tyrannie duroyaume et contre les chefs qui voudraient la relever.
1 Causa autem potentiæ ejus liæc erat quoniam, quod dictueliam fœdissimuin, ut eum omnibus non solum prineipibus, verumeliam cum ignohilibus conimercium exercebat. L. III, cap. n.