290 LA RÉVOLUTION DES ÉVÊQUES
« sance. » Aussitôt, on voit poindre la révolution.« Vers 991, dit encore la chronique, l’abbé Isaïe apaisa la« discorde qui troublait les citoyens. » Commentrapai-se-t-il? « Il ordonna, continue la chronique, que vingt-« quatre citoyens gouverneraient la terre avec plein« pouvoir et s’appelleraient la première magistrature,« ce qui fut confirmé par César. » Voilà le peuple cons-titué avec vingt-quatre personnes ou familles, et sousla date tardive de 1360, la chronique de San-Sepolcro,copiée par Farulli, nous montre encore les Vingt-qua-tre et dfeux conseils distincts, l’un du peuple, l’autrede la commune.
Le même mouvement, plus obscur, se reproduitdans l’antique abbaye longobarde de la Nonantola, sousles marquis de Toscane. En 1056, l’abbé Gotescalc con-firme au peuple des donations antérieures et lui ac-corde une plus vaste étendue de terrain, « à la condi-tion qu’il entoure de murs et de fossés les trois quartsdu château. » L’abbé et le peuple se secouraient mutuel-lement contre la féodalité des alentours.
Dans les vieux centi’es du royaume la lutte s’efface;les villes royales sont fondées à contre-sens des circons-criptions romaines; tout le développement de l’Italieépiscopale tourne contre elles ; avec la révolution, leursévêques tombent sous la domination des archevêquesdes villes romaines. Elles restent calmes, silencieuses,et ne se détachent de leurs comtes qu’avec crainte et àcontre cœur. Ainsi Pavie n’a pas d’histoire, pas d’é-clats; on ne sait pas comment elle glisse des mains deses comtes Langusco.
A Vicence, la révolution se présente enveloppéedans les orages d’une guerre féodale. Vers l’an 1000,Mario des Marj est aux prises avec Felice Emiliano; le