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LA RÉVOLUTION DES ÉVKQI'ES
Mais, dans les centres les plus importants, les traces dela révolution excluent l’hypotlièse des documents per-dus. Et qui les aurait perdus? L’Eglise? L’Église n’a pasl’habitude de perdre ses donations; au contraire, elle.sait les faire prospérer dans ses archives, où elles s’é-tendent avec une facilité miraculeuse. Lesérudils sontplutôt scandalisés par l’excès que par le défaut de char-tes, et dans aucun cas, on ne saurait confondre les im-munités des villes allemandes avec celles des villes ita-liennes. Dans la légalité germanique, les exemptionstombent d’en haut, s’immobilisent dans la loi et, choi-sissant d’avance les grands centres romains, décompo-sent d’une manière toute diplomatique les grands Etatsen plusieurs fiefs ecclésiastiques, qui restent impassiblesdans les limites préétablies. En Italie, l’exemption impé-riale tombe au hasard sur des villes de second ordre,sur des centres royalistes. La vraie révolution, qui partd’en bas, dépasse sans cesse toutes les lois et s’acharnecontre la féodalité par une guerre minutieuse, perpé-tuelle, implacable, voulant s’imposer à la loi impérialeet pontificale. En Allemagne, les villes libres sont desexceptions, tandis que les fiefs forment la règle. EnItalie, l’exception est dans les fiefs, les villes sont la rè-gle, de sorte que le mouvement est universel. L’erreurde M. Léo coupe à la racine le grand arbre des révolu-tions italiennes.
Sur la terre de l’Eglise la révolution est identique, sice n’est qu’au lieu de se soustraire aux comtes nomméspar l’empereur, elle se dérobe aux comtes et aux rec-teurs nommés par le pape.
« sur ce point, cela tient uniquement à ce que les documents ont« été perdus ou brûlés. » (Hist. d’Italie.)