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LA RÉVOLUTION DES ÉVÊQUES
Peut-être le mouvement de Faenza, en 1003, s’expli-que-t-il par la révolution épiscopale. A cette époque,les nobles s’efforcent de maintenir la ville sous la do-mination de l’archevêque de Ravenne,libreà Ravenne,féodal à Faenza. Le peuple s’insurge, les nobles sontexpulsés, leurs maisons sont rasées.
Dix ans après la chute du royaume, le diocèse desMarses est sous la férule de son comte, qui règne enLongobard, comme les Carcano à Milan. Non-seule-ment il s’empare de l’évêché, qu’il livre à Albéric,. l’unde ses fils; mais il fait aveugler l’abbé de Mont-Cassin,pour donner cette grande abbaye à un autre de ses fils,Guinichis, qui meurt soudain, frappé, dit-on, par lacolère de Dieu. Plus tard, le diocèse se réveille avec sonévêque Pandolphe. Le comte ne peut conserver à sa fa-mille que la moitié de l’évêché et enfin, en 1067, leconcile de Florence rend l’évêché tout entier à Pan-dolphe.
L’histoire d’Orvieto est écrite par Manente, dévouéau saint-siège, et si exalté que, sous sa plume, lesadversaires du pape tombent d’eux-mêmes en enfer,signalés tous comme d’affreux hérétiques. Quand ilsne sont pas hérétiques à ses yeux, ils sont au moinsles odieux, « odiosi, » et on éprouve le besoin des’écarter de lui comme d’un bûcher de l’Inquisition.A l’époque du réveil de Milan, vers 980, le chroni-queur nous dit qu’Orvieto est troublée par des héré-sies, et que le pape y envoie un archevêque français,descendant de Charlemagne, pour apaiser les sédi-tions et ramener la ville; MaisJ’évêque ne paraissantpas, on peut le supposer d’accord avec les prétendushérétiques, et, comme à Ravenne, cette hérésie dela liberté d’Orvieto se rallie à l’empire pour se sous-