300 LA «ÉVOLUTION DES EVOQUES ES TOSCANE, EN SAVOIE
enchantement, les évêques restent seuls vénérés, divi-nisés. Le marquis est l’acteur premier et unique de larévolution. C’est à lui de congédier les comtes, de lesécraser, de déliasser les limites de la loi, et quand ilétonne l’Italie par ses usurpations incendiaires, quandil épouse, en 1036, Béatrix, fille du duc de Lorraine, ilse trouve à son tour aux prises avec l’empire, commel’archevêque Héribert de Milan, comme les évêques deBrescia, de Plaisance, de Yerceil, de Parme...
Nous avons vu la nouvelle maison du Monferratsurgir à Foro et à Ronco en ennemie de Pavie, en pro-tégée de l’empire; par elle il y a une vaste région duPiémont qui reste unie, compacte, capable de insisterà toute tentative royale, et cependant amie des peu-ples et des évêques. Elle ne peut donc pas manquer des’étendre, mais elle ne peut pas non plus manquer dese heurter contre l’empire...
Dans le Piémont savoisien on voit paraître Bérold, lechef fabuleux de la maison de Savoie; vers l’an mil,il extermine « les voleurs du château de Cule, » lesnobles de l’ancienne féodalité; puis il fond sur Mau-rienne, sur Suse, arrière-gardes du royaume; il yremporte, dit-on, cinq victoires qui achèvent la défaitedu dernier prétendant italien, et se fixe dans la Mau-rienne et la Savoie, où il reste en ennemi des royalistesbéni par les évêques, qui en font un preux, un demi-dieu, un paladin aux mille aventures, enfin un saint,car, d’après Guichenon, il meurt en odeur de sainteté.Son successeur, Humbert aux blanches-mains, envahitle Chablais et le Valais, et renouvelle la guerre contre lemarquis de Suse, ne lui accordant la paix qu’à la con-dition d’obtenir pour son fils la maind’Adélaïs de Suse,l’héritière du marquisat. Adélaïs n’est pas l’héritière