RÉACTION IMPÉRIALE
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Nous entrevoyons dans la légende le choc épiscopaldu Montferrat contre la domination impériale. On saitque les légendes ne tiennent pas compte des dates etcondensent les faits, en les transportant àl’originedesgrandes familles. « Quelques années, dit la chronique,« avant qu'Othon I er fut appelé par les grands d’Italie« pour dompter l’orgueil deBéranger II, un noble alle-« mand, appelé Aleran, enleva Alaxie, fille de l’em-« pereur, et la conduisità Albenga, où il en eut, les uns« disent trois, les autres quatre fils. » Voilà le marquisaux prises avec l’empereur, qui le force à s’enfuir, maisil s’enfuit avec sa proie. «L’empereur, continue la« chronique, étant arrivé en Italie, Aleran et sa femme« furent graciés par l’entremise de l’évêque d’Al-« benga. » Voilà le marquis protégé ou protecteur del’évêque, et l’empereur finit par laisser passer l’enlève-ment de sa fille ou de sa terre, deux choses identiques.Ce récit n’est que l’abrégé d’une tradition antérieurequi explique longuement, à force de fables et d’ana-chronismes, comment Aleran s’élevait avec la révolu-,tion, d’abord protégée, ensuite repoussée, et enfinreconnue par l’empereur. Suivant Jacques d’Aqui,Aleran est l’orphelin d’un comte allemand mort àSezado, près d’Aqui. La commune l’adopte et lenourrit à ses frais : « altéra nutrici traditur. » Le voilàadopté par la terre italienne ; il grandit en combattant.L’empereur l’admire et, le sachant d’origine alle-mande (anti-royale), il commence à le protéger. C’estalors qu’Aleran enlève Alaxie, s’enfuit dans le comtéd’Albenga avec deux chevaux, l’un rouge et l’autreblanc, en vend un et se fait charbonnier. Ce marquisrebelle devient ainsi un homme du peuple, creusant laterre de ses mains, gagnant sa vie nouvelle à la sueur