350 RÉACTION IMPÉRIALE
que son fils Gisolfe II est détesté , que son règne estsanglant, et ce sont les Salernitains eux-mêmes quiappellent le chef normand qui dépossède Gisolfe. —Amalfl était en progrès avec Manso, jadis aveuglé parJean, chef de la réaction bvzantine ; le jour de lagrande trahison contre les Normands, Manso est denouveau dépossédé par Jean qui arrive de Byzance,évidemment appelé par Argiro *. Mais sous Jean lavieille indépendance ne peut résister, et la républi-que faiblit, s'affaisse sous l’alliance de Salerne , etau bout de vingt ans, enveloppée, menacée, étoufféepar la domination salernitaine, elle se donne aux Nor-mands, en signant « une fédération perpétuelle 8 .»Après avoir compté trente doges, la république re-cevait Tancrède, le premier comte des Normandsl’ère des doges était close, celle des peuples com-mençait avec les preux de l’Église. « Tancredus fuit« autem timoris Dei non immemor : » ce sont là lespremiers mots de religion murmurés par la chro-nique, qui finit en célébrant les gloires des Normands.— Sorrente est arrachée, comme Amalfi, à la domi-nation attardée des ducs de Salerne, et c’est ainsiqu’elle entre à son tour dans la nouvelle fédéra-tion.— Gaëte cède, sans secousse, à la dominationnormande de Richard. — Naples est libre, forte, sansambition ; on respecte l’obscure impiété de ses doges,et la république traverse tous les orages sans coup-férir,alliée aux Normands qui attendent le jour où elle vou-dra se donner. — Il est inutile de dire que, pour la
' « Hommes Amalphiæ et Atrani rebellaverunl expellentes do-it minum Mansum ducem et patritium. »
2 « Si contra Gisolfum (Salerni ducem) tuerentur tota Malfa illi« subjugata hæreditaliter foederarentur. »