CONTRE LA REVOLUTION DES EVEQUES. 353
pour voir tomber les fédérés sous le poignard d’Argiroet sous les chevaux des Allemands. Mais la libertéapparente de l’hypothèse se trouve détruite par lanécessité qui impose une solution délerminée à chaqueproblème, et qui nous fait passer d’un problème àl’autre par l’exclusion anticipée des alternatives arbi-traires. On était en guerre, personne n’était libre, tousétaient contraints de se défendre, et ceux qui rempor-taient des victoires triomphaient pour ne pas être tués.En s’étendant au Midi, Alboin se serait exposé à lacatastrophe des Gotlis , décidée par Rome ; les terreslibres se développaient par la fédération indispensablecou Ire l’invasion mortelle de l’unitédesLongobards, desFranks, des rois italiens, des princes de Capoue et descatapans de Bari. Les peuples de la fédération invo-quaient le bras de fer des Normands, pour ne pas suc-comber à Byzance et aux musulmans. Les Normands,entourés de Grecs, de Sarrasins et de Longobards, in-voquaient la loi pontificale et impériale, pour ne pasêtre les victimes de l’impiété des vieux doges ; l’Eglisese trouvait dans l’impossibilité d’écarter les nouveauxFranks qui lui demandaient l’aumône, la lance en arrêt,en offrant d’ailleurs la récompense fédérale de la grandedonation refusée, depuis des siècles, par les doges. Lescouleurs mêmes du grand drame mettent en évidenceles idées qui consacrent le succès des Normands. Voyezles indigènes agités, au nouveau souffle des villes ita-liennes; ils n’ont que trois chefs, Mello, Ardouin etArgiro: le premier n’existe qu’à l’état de pensée pure,se glissant de Bari au camp des Normands, et du campdes Normands à la cour de l’empereur saint Henry II ;l’infortuné n’est grand qu’à l’instant de ses funérailles :Ardouin n’est qu’un prodige de dissimulation, implaea-
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