DANS TOUTE L’EUROPE.
359
Dans l’évêché de Salzbourg, en Bavière, nous trouvonsl’évêque saintGeberard et une dévotion continuelle,—à Cologne, l’archevêque saint Annon n’hésite pas à selever contre l’ empire , — à Mayence, l’évêque suitsaint Annon de Cologne. — En général la secousse del’an mil arrive en Allemagne dans l’intervalle de1030 à 1070, mais elle se borne à développer l’opposi-tion des Etats contre la domination de l’empereur.Elle n’a ni à renverser la famille impériale, ni à démo-cratiser l’Allemagne. En effet, la fédération germani-que se fonde tout entière sur la liberté, et la liberté sefonde sur la légalité, sur l’indépendance des Etats et dela diète, garantie par la domination impériale toujoursaffaiblie et toujours respectée. La liberté, la légalité,la fédération excluent donc à l’avance la propaganderévolutionnaire par l’invasion, par la violation desprincipes constitutifs de l’Allemagne, par l’immixtiond’un Etat dans le gouvernement des autres Etats : ilfaut que toutes les questions restent toujours desquestions de souveraineté, d’indépendance réciproque,de haute diplomatie; on se borne à admettre la libertéd’opposition : telle est la révolution italienne transpor-tée en Allemagne. Au reste, la fédération s’étendcomme la nouvelleltalie, témoin le nouveau marquisatde Brandebourg qui devient germanique.
Voisine et hostile à l’Allemagne, la France se déve-loppe en sens inverse. Ici, c’est l’Eglise qui règne avecle roi catholique et unitaire; c’est la démocratie touteseule qui s’étend, en se jouant de toutes les libertés féo-dales; et la révolution s’accomplit par la théologie quiécrase les vieilles franchises au nom de Dieu et dupeuple, représentés par les évêques et le roi. Dès1023, on voit paraître la trêve de Dieu, explosion mo-