DES ÉVÊQUES. 371
de l’évêdié contre les évêques imposés par l’empereur.Ce sont là les nouveaux comtes que l’on combat, et ilsdoivent mourir en exil comme les comtes de la périodeprécédente.
Milan, par exception , est encore la seule ville dediscussion municipale, le seul centre qui conquière sesélections d’une manière historique, on dirait presqueparlementaire. Deux ans après la réconciliation del’archevêque Héribert avec l’empereur, en 1042, lanoblesse se relève par une nouvelle génération de jeu-nes insolents; et nous la voyons aux prises avec le peu-ple, qui lui livre un combat acharné. Chassée de laville, elle se venge dans la campagne, où elle construitsix forteresses qui rappellent l’ancienne stratégie longo-barde contre les centres romains 1 . Milan reste bloquée,cernée par les piques de la Martasana, du Seprio, dela campagne féodale ; le char de la patrie s’arrête im-puissant contre le réseau des donjons qui abritent lesroyalistes ; au bout de trois ans de siège, les citoyensatteints par la famine se croient revenus aux plusmalheureux temps du royaume, et ils ne peuvent pluscompter sur l’archevêque, admirable dans l’anciennerévolution , absolument nul au milieu de la nouvelledémocratie. Capitaine hardi, fondateur de la milice na-tionale, homme supérieur à toute superstition, refusantjadis d’abandonner les hérétiques au peuple qui les brû-lait malgré lui, «nolente Heriberto, » il reste indifférentau milieu des nobles et de la plèbe, devenu le type dumauvais citoyen qui ne prend parti pour personnequand il s’agit du salut de la patrie. C’est un Lanzone
1 « Marnanii el Seprienses auxilia præstantes sex oppida in cir-« cuito civiuiis construxerunl. » (Laxdolpbe Sf.nieur.)