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Tome premier.
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LA LIBUF FLF.CTIOX

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de Corte qui dirige le peuple : vaillant, hardi, rusé,capable de tout, sans scrupules inutiles, bravant lespréjugés, franchissant les barrières imaginaires dontles partis s’efforcent de s’entraver mutuellement, in-voquant jusqu’à l’empereur naguère repoussé, pours’en servir contre les nobles indigènes 1 ; il n’est pas plusutile que l’archevêque Héribert à la cause deMilan. Aumoment du dénouement on le voit incertain, lui, aupa-ravant si décidé; son astuce se perd au milieu des con-tradictions féodales. A l’empereur qui lui envoie sestroupes il jure de rendre les droits que lui avait enlevésHéribert; au peuple en fureur il promet de follesvengeances en dehors de toute légalité, et au momentou les troupes allemandes arrivent, il est étonné,hébété, subjugué par l’archevêque qui le blâme , parles indifférents qui s’alarment, et par les nobles qui semontrent tout à coup doux, affables, très-jaloux de lapatrie menacée, disent-ils, par les barbares de l’empe-reur. 11 signe la paix avec les nobles en laissant lesAllemands à la porte, et dès lors il succombe avec lepeuple à la réaction féodale. « Les capitaines des six« portes, dit Galvano Fiamma, usurpant le gouverne-« ment de la ville, réunirent leurs amis dans le palais« de la commune et firent deux statuts en haine du« peuple. Le premier portait que Lanzone de Corte,« proscrit avec toute sa parenté de Corte, ne pourrait« plus résider ni à Milan, ni dans le comté, et ne pour-« rait plus rien posséder in œternnm. Le second statut

1 « Inlerea populus suorum malorum per diversos ac varios< dominos mata videns crevisse, durius habens dominium suorum« civium quam ducuni quondam suorum, tentando eventus bello-« rum varios, ab illorum dominio sese delendere ne, liberare dis-« posuit. » (Landolfe Se.niefr.)