UES KVEUUES.
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« portait que, si un noble tuait un homme du peuple,« il ne payerait que sept livres tertioles et douze« deniers. » C’était une somme insignifiante, ensorte que les nobles avaient plein pouvoir de tuer lesgens du peuple. Il en résulta, au bout de quelquesjours, continue le chroniqueur, « d’innombrables as-sassinats. » Lanzone fut emprisonné. « Tu as été avec le« peuple, lui dirent les nobles; tu as dîné avec de la« boue et tu souperas avec delà boue. » On lui remplitla bouche d’immondices et on l’égorge dans la tourdu Moriggia. A la mort d’Héribert, la réaction s’achèveavec le secours même de l’empereur, qui nomme unarchevêque féodal en imposant au peupleun paysan, unidiot, Gui, pour sceller l’alliance momentanément in-terrompue de la féodalité milanaise avec la dynastieallemande de Yeibelingen. « Imperator, dit Arnolphe,« idiotain et a rure venientein elegit antistitein cui« nomen fuerat Viddo, ciim pars nobilitatis hune val-« vasorium proponeret. »
C’estHerlembard, autre capitaine, qui répare d’unseul coup tous les échecs de Lanzone. Au rebours deson prédécesseur, il est doux, humain, simple, innocentà lui donner le bon Dieu sans confession, et si naïf que,d’après l’expression du pays, on le dirait nourri dupain d’or que l’on mange au paradis. Sans velléitésguerrières, sans vouloir attaquer personne, il ne de-mande que l’abolition du mariage des prêtres, la puri-fication, la sanctification de l’Église milanaise, et devantcet homme ridicule de bonté et stupide de dévotion,l’archevêque, les prêtres mariés et les nobles sont endéroute, comme autrefois les Ariens frappés d’en hautpar les flèches invisibles des anges et des saints. Les unssont effrayés en voyant le peuple fanatisé qui accuse