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LA LIBRE ÉLECTION
d’impiété l’archevêque féodal; les autres l’accusent avecdes larmes dans la voix de perdre l’indépendance deMilan en soumettant saint Ambroise aux réformesdécrétées à Rome 1 ; d’autres s’emportent contre lasuperstition qui se répand comme un vertige, d’aprèsArnolphe, pour précipiter la ville dans un abîme sansfond; quelques nobles guettentHerlembard et deux deses amis dans la campagne, où ils les poignardent, etalors le peuple crie au martyre, transporte ses tribunsau paradis et glisse tout seul avec sa logique habituelledu célibat des prêtres à l’abolition de l’hérédité dansles bénéfices ecclésiastiques et de là à la libre électiondes prêtres desservants , laquelle étant généraliséedonne pour dernière conséquence la libre élection del’archevêque, enlevée à la toute-puissance inipériale.C’est ce mouvement qu’on entrevoit aisément à traversles tumultes variés de Milan. D’abord l’archevêque, quiavait déjà été chassé dans un premier élan contre sanomination impériale, est forcé de recevoir la loi ducélibat imposée par le légat du pape « cogente ac vo-ciférante populo, » puis on le voit définitivementexpulsé, vendant l’archevêché à Godefroy , un hommede l’empereur que le peuple détrône sur-le-champ etpoursuit dans la campagne, où il est odieux jusqu’auxpaysans, « ipsis etiam factus invisus agricolis. » Lelégat du pape qui voudrait imposer un autre candidat,Atto, faillit être mis en pièces, tandis que Atto ne sesauve qu’en abdiquant sur-le-champ devant la fouleréunie dans la cathédrale, a metu mortis clamante
i « Veneranda est Roma in apostolo, sed nec spernendum Me-« diolanum in Ambrosio : dicetur in posterum subjectum Romæ« Mediolanum. » (Land. Sf.n.)