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LA LIBRE ÉLECTION
de Fltalie ecclésiastique , élégante, mesurée, admirablede grâce dans toutes ses attitudes : il n’est pas un seul deses charretiers qui ne soit supérieur, par la tenue etpar l’onction , aux plus illustres prélats de la France.Pas d’exagérations, pas un mot de trop, jamais unemaladresse, toute évolution s’accomplit dans l’intelli-gence des Florentins, et on ne voit au dehors que lesrésultats dramatiques des victoires incontestables ; del’art partout, mais de l’art naturel, spontané, vivant,s’imposant tout seul, sans doctrine, sans théories, sansarguties. Cherchez, aujourd’hui encore, la révolutionde Florence, vous la trouverez dans une sacristie,glorifiant le pape ou lisant la Bible. Cherchez sa gardenationale, vous la verrez, le soir, dans les rues, en pro-cession , enveloppée dans ses capuchons noirs : c’est laCompagnie de la miséricorde. Depuis des siècles, l’or-dalie était le grand mystère de l’Église qui rendait lessiens inaccessibles à la chaleur de la flamme, du ferrouge et de l’eau bouillante, à la confusion des pro-fanes insurgés. Par un trait de lumière satanique, lesinitiés de Florence tournent l’épreuve de ,1'ordaliecontre la vieille Église féodale au profit de l’Églisepopulaire. Pierre Aldobrandini traverse un doublebûcher, en présence de tout le peuple de Florence; laflamme serpente dans ses habits, dans ses cheveux,le caresse sans le brûler et il sort sain et sauf du foyerardent. Ayant laissé tomber son mouchoir blanc aumilieu de la voie embrasée, il retourne sur ses pas poul-ie reprendre ; il sort de nouveau aux applaudissementsd’une multitude frénétique; celte fois la voix du peupleest la voix de Dieu, (1067). L’évêque abdique ; le pape,vaincu par le miracle, dissimule sa défaite en nom-mant un évêque homonyme de Pierre, et le thauma-