DES PAPES.
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force, n’y reste qu’en combattant, appuyé par lescomtes. Assiégé dans le château Saint-Ange, il ne peutpas même s’évader. Cencio, son. défenseur, ne le laisselibre qu’après lui avoir fait payer une rançon, et il estdéfinitivement déposé par le concile qui se réunit àMantoue, la capitale du marquisat de Toscane Enfin,le chef de la révolution, Ildebrand, est élevé sur letrône de saint Pierre et s’appelle Grégoire VII, pour sedéclarer continuateur de Grégoire VI, dégradé parl’empereur. Toute la numération des Grégoire estfaussée pour accueillir la révolution depuis la réactionimpériale de Henry III, et Grégoire VII transporte dansle monde catholique tout le mouvement de la libreélection et de la papauté italienne.
Nous sommes arrivés à la guerre du sacerdoce etde l’empire, première guerre de principes dans lemonde d’Occident. Jadis les luttes entre les papes etles empereurs se réduisaient à des conflits de secondordre, créés par le choc de deux volontés opposées ;l’empereur ne contestait pas le droit de la papauté, lepape ne s’insurgeait pas contre le droit de l’empire; lesdeux puissances ne se mettaient pas en question, oncombattait pour des faits ; il s’agissait de savoir si l’em-pereur d’Orient était orthodoxe, ou si le pape avaitconspiré contre l’empire, s’il avait le droit de résister àun ordre de l’exarque, s’il avait été élu légalement, s’ilsouillait la chaire de saint Pierre. Avec Grégoire VII, laquestion ne tombe ni sur les faits ni sur les personnes;elle tombe sur la juridiction, sur l’indépendance del’Eglise, sur la tradition tout entière de l’empire, sou-
1 « Poslea vero pecunia deliciente comités reversi sunt ad pro-pria; Cadaius vero reversas est in l'arma. »(Aim. rom.)