398 la libre Élection
mise à l’idée nouvelle que les évêques doivent primersur les comtes, les rois et les empereurs, au nom de Dieuet du peuple.
Quel est le débat entre Grégoire VII et Henry IV?On commence par se demander si l’évêque de Romedoit être élu sous l’influence d’une cour, si le repré-sentant du Christ doit être une créature de l’empire, sile Saint-Esprit doit se retirer dès que son choix n’estpas agréé par César, par Tibère, ou par l'Allemandqui les représente. C’est là le point de départ; leshommes de l’Église décident que l’Église doit êtreindépendante. On arrive ensuite aux conséquences enabordant le problème des investitures. Qui doit nom-mer les évêques? Qui doit accorder les investitures? Aqui sont les évêchés? A l’Église ou à l’empire? Ici, ils’agit d’un intérêt encore plus important que l’électiondu chef de l’Église, il s’agit de l’élection de tous lesévêques de la chrétienté, du mouvement du personnelde l’Église, de la disposition et de l’administrationdes fiefs, des évêchés, des abbayes, des biens , desprivilèges, en un mot, d’un tiers de l’Europe, et del’avenir tout entier de la chrétienté. Le problème relèvetoujours de la révolution épiscopale. On a réclamé lalibre élection du pape, parce que les villes repoussaientles évêques de l’empire; on réclame toutes les investi-tures du monde catholique, parce qu’on croit avoirobtenu la libre élection du pape. L’indépendance desvilles impliquait l’indépendance des évêques; celle-ciimpliquait à son tour l’indépendance du pape et del’Eglise ; l’autonomie de l’Eglise sur son propre terrainenlevait toutes les investitures à l’empire. La déductionne s’arrêtait pas à la conquête des investitures; elle ladépassait à l’instant même où le pape réclamait les in-