Band 
Tome premier.
Seite
412
JPEG-Download
 

412

LA GUERRE UES INVESTITURES

villes lombardes deviennent pontificales pour rame-ner le pape an combat; quand le pape triomphe,Rome et les villes de la donation se font impériales pourmodérer leur chef légitime. On s’escrime en manœu-vrant en sens inverse des victoires pontificales ou impé-riales; on relève sans cesse celui des deux pouvoirs quiéchoue, on contient toujours le vainqueur par levaincu, naturellement forcé d’accepter le progrès de larévolution, qui passe du vieil empire à la nouvellepapauté, et de celle-ci à l’empire régénéré. Ce n’estpas que les villes dictent explicitement leurs déci-sions aux deux chefs ou qu’elles les trompent l’unpar l’autre de propos délibéré. Elles sont inertes,livrées à leur propre pesanteur, presque aveuglescomme de nouveaux nés; leur vue ne s’étend pas audelà de leurs murs; mais, dans leur enceinte, ellesregardent en face les nobles leurs ennemis, tantôtenhardis par une victoire pontificale, tantôt par unevictoire impériale, et aussitôt elles revirent par unmouvement instinctif, révulsif, ingouvernable, et lesdeux chefs se trouvent seuls au moment même où ilss’attendent à voir le monde à leurs pieds.

Alors ils se résignent à suivre le progrès, et la loi decette résignation nous donne la nouvelle géographiede l’Italie épiscopale. Dans quelle région l’empereurcédera-l-il plus facilement? Évidemment sur les terresde la donation et si là les évêques refusent les inves-titures du pape, tant mieux pour l’empire. Vice versa , lepape ne peut être facile aux concessions que dans lesÉtats de l’ancien royaume, où ses prétentions sur les évê-chés doivent être dissimulées, ou présenter l’apparenced’une secours utile contre les évêques imposés parl'empereur. Après quelques oscillations entre le pape