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Tome premier.
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DANS LES VILLES.

41b

bons embrasés ; la flamme se ferme derrière lui, et ilsort sain et sauf de l’épreuve. « Il se vit hors du feu,

« dit la chronique, sans être aucunement lésé ni dans« le cilice ni dans les habits pontificaux qui étaient« tissus de lin et de soie. » L’archevêque veut rester,mais le peuple le repousse comme un homme dudiable; Rome le défend, mais comment révéler auxpeuples l’antique imposture jadis célébrée à Florence etpartout? L’orthodoxie est vaincue par le miracle; lespartisans de Grossolano sont battus par la libre élec-tion de Giordano 1 et avec lui, la ville reste, commeLiprandi, ni impériale, ni pontificale, en dehorsdes deux victoires opposées, et en définitive, penchéevers le pape pour résister à la domination directede l’empereur, sauf à osciller sans cesse pour étendresa liberté aux dépens de Rome et de l’Allemagne.Ainsi, en 1110, on ne paye plus aucun tribut à l’em-pereur 2 ; l’on repousse ensuite une incursion papistede Grossolano; en 1113, les grossolanistes sont mis endéroute parles giordanistes; en 1116, on revient au papequi reconnaît Giordano, dans un concile de Rome ; eten 1117, Giordano est si indépendant, dans son allianceavec Rome qu’il veut imposer un archevêque impé-rial à Como. Mais il n’agit pas pour le compte de l’em-pereur; il ne cherche qu’à venger les'Carcano, citoyensde Milan, massacrés par une insurrection de Comocontre l’évêque impérial : c’est ainsi que la patrietriomphait des deux grands pouvoirs.

1 Voir Landolfe Junieur, contemporain, ami et disciple deLiprandi.

2 « Nobilis urbis soin Mediolanum populos» non sem’vitei mun-ir imim neque conlulit unis. »