DANS LE PACTE DE CHARLEMAGNE.
457
De son côté, l’empire s’écarte du pontife en égalantà son tour la grandeur nouvelle de l’Église par la pré-tention légitime de représenter seul dans le monde laliberté de tous les peuples. Seul, il respecte la loi et semontre fidèle aux contrats; seul, il protège l’indépen-dance fédérale contre l’unité despotique et théologiquede Rome ; seul, il relève les traditions sociales de l’em-pire ; seul, il eu connaît le secret, il en respecte la forceséculière et profane, il en fait jaillir des bienfaits in-connus au vice-dieu des Romains ; seul, on l’invoque,partout où il y a un archevêque inique, un évêque in-sensé, un satellite criminel de l’Eglise unitaire pesantsur les peuples et imposant des taxes et des corvées tropbarbares. Sans l’empereur, plus de loi, plus de liberté,plus d’indépendance ; aucun contrat n’est certain, au-cun serment ne tient, tout est à la merci du despotismeillimité du pontife qui finit par transporter dans sonpouvoir spirituel l’antique impiété des doges byzantins,des ducs longobards et de l’empereur d’Orient. Puis-que cette impiété devient sainte, dans un homme quiaufiom de Dieu, se croit tout permis, les coups d’Étatles surprises, les infamies que les empereurs necommettaient qu’en tremblant et en se cachant der-rière les madones et les christs d’or et d’argent deséglises byzantines, les empereurs s’élèvent par unenouvelle impiété qui consiste à suivre la loi, quellequ’elle soit, sans méfiance, sans interprétation, sanssoupçon, sans inquisition; et celte impiété qui soulèveles montagnes aussi bien que la foi, parce qu’elle peutrenfermer le miracle de la papauté dans l’alvéole del’antique donation, et ne tient aucun compte de l’ana-thème une foislancé en dehors de la loi, devient la pre-mière égide de toute pensée nouvelle et puissante, quoi-