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Tome premier.
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458 LA LIBERTÉ DES ÉVÊQUES

que encore trop élevée et trop éthérée pour se mêlerà la foule et devenir révolution. C’est ainsi que s’ex-cluent , plus que jamais , les deux pouvoirs de l’Egliseet de l’empire tour à tour révolutionnaires l’un contrel’autre ; l’un, au nom de la démocratie militante ; l’au-tre, au nom d’une démocratie à venir; tandis que,d’autres fois, le contraste se répète en sens inverse, et ontrouve la religion réactionnaire contre la loi trop libre,ou la loi réactionnaire contre la religion trop mobile.

Cette révolution générale et cosmopolite, dans lepacte de Charlemagne , se trouve assurée par la géo-graphie politique de l’Italie qui se livre, pour la pre-mière fois, tout entière aux deux chefs de la chrétientéqu’elle vient de renouveler. Le pape règne désormaissur toutes les régions de l’Italie grecque, à l’exceptionde Venise; et partout, en Sardaigne, en Sicile, à Capoue,à Salerne, en Corse, il est l’homme de la révolutionépiscopale et de la démocratie catholique, qu’il ne peutni déserter, ni comprimer, ni dévoyer de sa route, souspeine de perdre tout entière la donation complétéepar desdéditions spontanées. D’un autre côté, l’an-cienne terre du royaume qui appartient à l’empereurn’est plus ni quasi-unitaire, comme à l’époque de Char-lemagne , ni limitée à une simple dislocation commeaux temps d’Othon I er ; agitée dans toutes les villes,fractionnée par l’opposition des centres royaux et descentres romains, devenue quasi-républicaine par sesévêques, ou incendiaire, avec ses comtes et ses marquisqui survivent dans les contrées militaires; elle est unevéritable fédération, ayant sa diète à Roncaille et impo-sant à l’empereur la liberté et la légalité fédérales.—Deplus, la séparation des deux pouvoirs reçoit une nouvelleconservation dans la séparation toute nouvelle des deux