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LA DÉCADENCE DANS LES VILLES.
les guelfes et les gibelins reparaissent dans la famillemême du seigneur. Gianfrancesco ne règne plus qu'encombattant ses frères, ministres de l’influence guelfe etfrançaise. Sous Louis XII, il succombe sans qu’en 1502 laconspiration de Gisolfi puisse le rétablir ; et la seigneuriene se relève sur sa base gibelineque lorsque la solennellevolte-face de Jules II et la restauration impériale chas-sent les Français. — A Camerino, les grands, redeve-nus gibelins comme aux jours où Ranieri des Baschidétruisait la cité, murmurent contre CésarVarrano, cetenfant que sa tanteToraavaitdérobé aux trois massacresde Camerino, Fabriano et Foligno, et après avoir vieillidans les dangers, sous son armure de condottiere, ilse voit à l'âge de soixante-dix ans, sous César Borgia,fasciné comme l’oiseau sous l’œil du serpent. L'infor-tuné, gagné par la lâcheté des seigneurs, forcé d’ou-blier que l’argent est le nerf de la guerre, se laisserançonner etse trouve ensuite sans argent, sans soldats,dans l’impossibilité de résister, assiégé, pris, étranglé,avec trois de ses fils. Mais Jean-Marie Varrano fond surCamerino, occupée par l'odieux monstre chéri de laFrance, et si la première fois le fer et le feu ne lui suf-fise!) t pas contre les amis que les Borgia se sont fait,il jouit à la mort d’Alexandre VI du bonheur suprêmede rentrer dans le palais de ses ancêtres, de se voir fêtépar son peuple, et d’égorger Michelotto de Yalenza quiavait étranglé son père et ses frères.
Fermo assistait, en 1500, à une tragédie de palais oùOliverotto visitait, fêtait son oncle et l’assassinait dansun banquet, en s’emparant de la terre par l’une de cescourses au grand galop qui tenaient le milieu entre lesymbole et la réalité d’une prise de possession par unmassacre. César Borgia l’assassinait à son tour, au 1er-