LA DECADENCE DANS LES VILLES.
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d'impartialité au-dessus des seigneurs et de sa proprefamille. 11 se traîne au palais, au milieu du peuple, pouraller s’agenouiller devant ses maîtres devenus ses im-placables ennemis. Que de souvenirs ne leur apporte-t-il pas par sa présence? Seul, il les a tirés une foisdes prisons imprenables de Varrano, et une autre foisd’un obscur atelier de Florence. Rien qu’à le voir, lamémoire des citoyens se retrace les terribles tableauxde Piecinino au pilori, des' Canetoli égorgés, de leurscœurs cloués sur les portes du palais, de tous les enne-mis de la seigneurie sans cesse renversés et immolésaux descendants présumés du bâtard du grand Frédé-ric; mais ces souvenirs accablent peut-être G.aléas lui-même, qui tombe évanoui. Les massacres continuent,et à sa mort les Marescolli exilés, se ralliant à CésarBorgia malgré sa trahison, les deux sectes se trou-vent animées de haines de cannibales, l’une ré-gnante à l’intérieur, avec la tyrannie guelfe et fran-çaise, l’autre éinigrée à la suite du pape avec l’espéranced’une république gibeline. Grâce à Jules II, la républi-que l’emporte, en 1506, et les Marescolli fauchent ladynastie qu’ils ont improvisée, en faisant disparaî-tre ce palais de fées qu’elle habite, vaste constructionde trois cents chambres, merveille de l’art qui devientla Place du peuple, le dégât de la plèbe républicaine,ou, comme on dit encore aujourd’hui, la « Piazza delGuasto. » Un coup de vent jette encore les Bentivoglioà Bologne, en 1511, mais c’était une bouffée française,-l’effet d’un mouvement militaire, et le jour de la res-tauration pontificale et impériale, les Bentivoglio sansgîte s’évanouissent à jamais, couverts de sang et decrimes, tandis que Bologne reste pour toujours enrépublique, sous la protection gibeline du pontife. —