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LA DÉCADENCE DANS LES VILLES.
Dans sa capitale, le duc de Ferrare peut suivre impuné-ment les Français, en contraignant les filles et lesprêtres à travailler aux fortifications contre le pape.Mais hors de Ferrare les deux sectes bouleversent sonÉtat ; à Carpi, où les Pio et les Lionello renouvellentles luttes des guelfes et des gibelins, avec l’arme nou-velle de l'artillerie ; à Reggio, où le jour de la Fête-Dieu, en 1301, des conspirateurs s’insurgent ; à Modène,où les Rangoni ouvrent, en 1510, les portes à Jules II.A la chute des Français, le duc se trouve un momentréduit à la seule ville de sa résidence.
A la déroute de Charles VIII, les Baglioni, seigneursguelfes, se maintenaientencoreàPérouse, touteouvcrtsdu sang de la famille gibeline des Oddo, et leurs adver-saires, réduits à l’audace d’une expédition nocturne, nepouvaient pas même franchir l’obstacle des chaînes ten-dues dans les rues. Ceux d’entre eux qui se trouvaientpoussés sur les chaînes, en s’écriant :« En arrière! »pourpouvoir frapper librement de la hache sur ces barricadesde fer, répandaient involontairement le cri de «sauvequi peut, » et délivraient eux-mêmes la ville sansle vouloir. Mais, aux jours de Jules II, les Baglioni n’ontpersonne qui les défende; obligés de recevoir le pontifedans leur ville, ils obéissent en tremblant, ils fléchis-sent le genou ; et si Machiavel les blâme de ne pas avoirpoignardé leur suzerain pour sauver et étendre dumême coup leur domination, plus habile que le secré-taire de la république de Florence, Jean-Paul Baglionisavait qu’aucun poignard ne pouvait faire reculer larestauration indispensable contre la France, et que larésignation est encore la meilleure arme des faibles.
La descente française ne se borna pas à compromet-tre la république de Venise comine elle compromettait