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le repos, lorsque je fus appelé par la haute diète au commandementde l’armée. Je ne méconnus paj entièrement la difficulté d’une telle po-sition , cependant je crus voir alors le système de la Suisse clairementindiqué dans la proclamation du 24 Mars, et le désir d’offrir à mapatrie les fruits d’une longue et pénible expérience, l’espoir de vouermes dernières forces à cette patrie, placée dans une honorable posi-tion militaire, ou de terminer, en cornbattantpour elle, dans la cause del’humanité une vie, dont tout le but fut honorable; ces idées m’en-gagèrent à suivre l’appel, que m’adressa la haute diète. Les évène-inens prirent une tournure différente et inattendue ; ma position yperdit son assiette et j’y devins étranger. A dater de ces instans, jerésolus de ine retirer. Des expériences, souvent réitérées, me prou-vent clairement, que,cette résolution est la seule, que je puisse mettreen exécution, d’après mes devoirs envers ina patrie, envers l’arméequi m’a été confiée et envers moi-même. Je sentais néanmoins quetant qu’il restait une apparence de danger, je ne devais pas quitter monposte, dont l’abandon eût pu alors avoir des suites, qui eussent misde l’incertitude et de l’hésitation dans l’armée, et qui aurait pu à cetégard et il d’autres, occasionner de l’embarras au gouvernement dema patrie.
D’après ma ferme volonté d’employer mes faibles forces, h pro-voquer le bien et à détourner le mal sous tous les rapports, cette rai-son seule pouvait m’empêcher de présenter ma démission dès le com-mencement du mois de Mai.
Maintenant, grâce à la Providence, qui a béni la valeur des ar-mes Européennes, il n’y a plus de danger; il m’est permis de suivrema conviction. Je dépose donc entre les mains de vos excellences?une charge à laquelle j’ai apporté ce qui me restait de santé et decontentement d’esprit, qui résistèrent souvent aux vicissitudes lesplus amères. Je me retire avec la conscience rassurante d’avoir vouluet cherché le bien.
Je prie vos Excellences d’accepter mes remercîmens pour la con-fiance dont elles m’ont honoré, et que j’ai toujours cherché de justifierde,mon mieux.
J’attends les ordres de V. V. E. E. pour savoir à qui je dois re-mettre le commandement. Si le porteur de cette lettre ne m’apporteaucune instruction <à cet égard, je le remettrai à Monsieur le colo-nel-conunandant de réserve Finsler, ne pouvant sous aucune condi-tion le garder plus long-temps. Jeprie vos Excellences d’agréer l’ex-pression de ma considération la plus respectueuse, etc. etc.
Signé : Bachdunn.