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A la mémoire du baron Nicolas-François de Bachmann An-der-Letz / [Emanuel Friedrich von Fischer]
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le repos, lorsque je fus appelé par la haute diète au commandementde larmée. Je ne méconnus paj entièrement la difficulté dune telle po-sition , cependant je crus voir alors le système de la Suisse clairementindiqué dans la proclamation du 24 Mars, et le désir doffrir à mapatrie les fruits dune longue et pénible expérience, lespoir de vouermes dernières forces à cette patrie, placée dans une honorable posi-tion militaire, ou de terminer, en cornbattantpour elle, dans la cause delhumanité une vie, dont tout le but fut honorable; ces idées men-gagèrent à suivre lappel, que madressa la haute diète. Les évène-inens prirent une tournure différente et inattendue ; ma position yperdit son assiette et jy devins étranger. A dater de ces instans, jerésolus de ine retirer. Des expériences, souvent réitérées, me prou-vent clairement, que,cette résolution est la seule, que je puisse mettreen exécution, daprès mes devoirs envers ina patrie, envers larméequi ma été confiée et envers moi-même. Je sentais néanmoins quetant quil restait une apparence de danger, je ne devais pas quitter monposte, dont labandon eût pu alors avoir des suites, qui eussent misde lincertitude et de lhésitation dans larmée, et qui aurait pu à cetégard et il dautres, occasionner de lembarras au gouvernement dema patrie.

Daprès ma ferme volonté demployer mes faibles forces, h pro-voquer le bien et à détourner le mal sous tous les rapports, cette rai-son seule pouvait mempêcher de présenter ma démission dès le com-mencement du mois de Mai.

Maintenant, grâce à la Providence, qui a béni la valeur des ar-mes Européennes, il ny a plus de danger; il mest permis de suivrema conviction. Je dépose donc entre les mains de vos excellences?une charge à laquelle jai apporté ce qui me restait de santé et decontentement desprit, qui résistèrent souvent aux vicissitudes lesplus amères. Je me retire avec la conscience rassurante davoir vouluet cherché le bien.

Je prie vos Excellences daccepter mes remercîmens pour la con-fiance dont elles mont honoré, et que jai toujours cherché de justifierde,mon mieux.

Jattends les ordres de V. V. E. E. pour savoir à qui je dois re-mettre le commandement. Si le porteur de cette lettre ne mapporteaucune instruction <à cet égard, je le remettrai à Monsieur le colo-nel-conunandant de réserve Finsler, ne pouvant sous aucune condi-tion le garder plus long-temps. Jeprie vos Excellences dagréer lex-pression de ma considération la plus respectueuse, etc. etc.

Neuchâtel , ce 22 Juin 1815 .

Signé : Bachdunn.